Aussi soudainement que les deux capitales se sont chamaillés au sujet de la nomination de Thaksin Shinawatra comme conseiller économique du gouvernement cambodgien la querelle se dissipe.
Après les manifestations de sympathie pour son « l’éternel ami » Thaksin, Hun Sen s’est calmé et Abhisit aussi.
Entre-temps les ambassadeurs ont été rappelés et des sanctions diverses ont été prises de part et d’autres. Au nombre desquels l’expulsion des Thaïs de CATS, les services de la tour de contrôle de Pochentong gérés par la Thaïlande. Virés au petit matin par des Cambodgiens qui assurent être à même d’assurer le service.
Je demande à voir au niveau sécurité.
Certains y ont vu une mainmise d’Hun Sen qui en profitait pour rafler un business.
M’ouais.
Sur le carreau reste un Thaïlandais arrêté pour espionnage. Il aurait livré les horaires de vols de Thaksin Shinawatra à l’ambassade thai. Connaissant la propension des régimes coco ou ex coco a utilisé le mythe inusable du complot pour comploter ce pourrait aussi bien être une manœuvre de Phnom Penh. Encore plus cocasse est Bangkok qui a refusé le survol de la ThaÏlande au jet privé du tycoon en fuite alors que sa présence à bord était confirmée.
Dingue ça, il suffisait de le laisser survoler le royaume pour envoyer deux chasseurs l’intercepté et l’exhibé enchaîné sur le tarmac de Souvannaphoum.
Cela aurait été une grande victoire pour Abbhsisit qui, bon prince, préfère le voir filer que de l’avoir sous les verrous. Sa générosité le perdra…
Dans la série comique Hun Sen qui a retiré ses paras de Preah Vihear. Un cambodgien m’a dit avoir rigoler en attendant le nom « para ». Il n’y a pas de flotte aérienne militaire au Cambodge… ils sautent d’où les paras ? De leurs chaises ? Où s’écroulent ils des canapés des karaokés ? Là où ils peuvent montrer leur puissance en élevant la voix.
Une dernière pour la route. Envoyé des troupes à Preah Viheat en roulant les mécaniques c’est bien joli mais cela coûte cher. Comme le budget de l’armée disparaît par enchantement aux mains des centaines de généraux en Lexus il faut tout les mois trouver des sponsors qui sont de moins en moins heureux de creuser leurs poches pour un grand spectacle qui ne rapporte rien.
Du coup Hun Sen le pacifiste a rappelé ses troupes ce que les Thaïs se sont bien gardés de faire car eux ils ont les moyens de tenir un siège.
23 nov. 2009
21 nov. 2009
Echecs sauce birmane
Une
biographie birmane d’Obama disponible a Yangon.
Depuis août
et l’offensive/balayage des Kokangs c’est le grand est sorti au Myanmar.
Les pièces de l’échiquier bougent, le roi de
Naypyidaw ayant retiré le pion kokang tout en ayant auparavant bloqué sa reine
pour 18 mois supplémentaire sur la case « résidence surveillé ». En
septembre la partie a pris une tournure offensive avec le positionnement de la
pièce maîtresse (Tatmadaw/armée birmane) sur les cases « état Shan »
face aux pions Wa, Mongla, Kachin.
Depuis la partie s’internationalise avec les deux
joueurs majeurs que son Beijing et Washington. Dans cette partie d’échec
endiablée l’adage, l’ennemi de mes ennemis est mon ami ne tient plus. Nyapyidaw a beau détesté Beijing il n’en n’est
pas pour autant un ami de Washington. De
son côté Beijing veut sécuriser ses frontières tout en utilisant le corridor
birman pour atteindre l’océan indien en raflant au passage toutes les matières
premières possibles. Washington lorgne aussi après les matières premières
-quoique mollement comparé à l’ogre chinois- et vise surtout à contenir
l’expansion d’un empire du Milieu renaissant de nulle part…
La bonne vieille stratégie de la guerre
froide. Pour l’heure l’Amérique utilise
son nouveau joker de la main tendue pour réengager des discussions avec
Naypyidaw dans une optique gagnant/gagnant. Genre adoucissez votre mainmise sur le pays et la manne
américaine sera à votre portée.
Cette nouvelle approche (si l’on peut dire, il
n’y a pas grand nouveauté en fait) inquiète Beijing toute a ses projets
d’infrastructures pétrolières et gazières entre Sittwe et Kunming. La chasse
gardée birmane lui revenant de droit comme le reste de l’Asean, Beijing se
satisfaisait fort bien du désengagement américain régional des Bush. La petite
phrase d’Hilary Clinton « América is back in Asia» n’a pas du
enchanté outre mesure la cité interdite.
C’est donc le grand jeu sur l’échiquier
birman. Depuis quelques semaines Naypyidaw semble joué la carte US avec un nouveau
dialogue. Que le roi autorise sa reine a
quitté sa case « résidence surveillée » reste improbable. Dans le même
temps le roi a amassé ses troupes dans l’état shan. Ne cachant pas son
irritation la Chine menace a demi mot, genre vous savez où son vos véritables
intérêts…
Une belle partie d’échec où les deux joueurs
principaux sont bien en mal de contrôler leurs pièces birmanes qui, il faut le
dire, n’en font qu’à leur tête.
19 nov. 2009
17 nov. 2009
L’Asean se rêve en Union européenne
Sommet des dix pays de l’asean (l’Anase in french), l’Association des pays
d’Asie du sud-est. On y parle de collaboration, développement, d’unité, etc.
On parle, on discute, on y rêve surtout. Dès
2015 l’Asean formerait une entité similaire à l’Union européenne !
Rien que cela !
Non que les inachèvements de l’Europe soient
hors de portées mais bon c’est l’Asie avec une Thaïlande ultra nationaliste qui
a bien des difficultés à reconnaître les frontières de ses voisins. « La grande
Thaïlande » est à peu près aussi délirante que la France des 135
départements de Napoléon. Rendez moi mes provinces illyriennes !
Une Indochine sous influence vietnamienne avec
deux pays officiellement communiste (de marché mais coco quand même)
Un archipel indonésien musulman (Malaisie et
sud philippin compris) pas vraiment uni
ni divisé non plus qui a bien du mal à s’accorder a l’Asie bouddhiste.
Le Myanmar ou l’enfant terrible de l’Asean qui
n’en fait qu’à sa tête ou plus clairement qu’a sa junte.
Singapour micro état industrialisé et port
mondial aux mains dont la création et la gestion est toujours une affaire de
famille. La cité état tranche avec ses voisins par la quasi éradication de la
corruption. Vu de plus près, les dirigeants singapouriens sont les mieux
rémunérés du monde ou peu s’en faut… En somme une corruption officielle
avalisée par la loi.
Bref d’incommensurables disparités tant au
niveau culturel, social, éducation, politique, économique, religieux,
géographique…
Et tout cela formerait une Union
asiatique !!!
C’te blague ! Pour l’heure je ne vois
qu’un seul pays pour les mettrent d’accord c’est la Chine avec ses formidables
projets de développement des infrastructures sur le Mékong, les autoroutes et
les voies ferroviaires.
Une Chine en maîtresse jalouse de ses uniques
intérêts qui donnent aux dirigeants d’une Asean divisée de petits colifichets
pour qu’ils s’amusent. Hun Sen premier ministre inamovible du Cambodge s’est vu
gratifié d’un prêt récent de 500 millions de dollars.
Une Chine à la Tolkien qui distribue ses
colifichets/anneaux aux dirigeants cupides pour mieux les attirer et dans les
ténèbres les liés…
Ah le grand retour de la Chine en Asie du
sud-est, une merveille parmi les merveilles !
On en reparlera dans 30 ans.
15 nov. 2009
Thaïlande, une campagne publicitaire fait furher
Au détour d’une rue asiatique il n’est pas
rare de découvrir un portrait du fürher, des croix gammées ainsi que des
casques allemands avec croix de fer.
Plus rare est l’utilisation du bonhomme comme
tête d’affiche publicitaire géante saluant les automobilistes sur les
autoroutes. C’est l’idée pour le moins douteuse qui a germé dans la tête de
publicistes locaux chargés d’une campagne de promotion d’un musée de cire
Louis Tussaud à Pattaya.
La dite campagne publicitaire a été très
critiqué par les ambassadeurs allemands et israéliens suffoqués par un tel
mauvais goût.
Interviewés les publicistes locaux faisaient
par de leur étonnement, incompréhension et se sont platement excusés. Un peu
too much, on enterre l’incident vite fait bien fait.
Curiosité d’un instant j’ai un jour demandé à
un Thaï lambda pourquoi il avait un brassard nazi sur son blouson ? Aucune
confusion n’était possible avec une svastika indienne, « parce que c’est
joli » ou quelque chose dans le style me répondit-il et haussa les épaules
d’incompréhension lorsque je lui dit ce que cela représentait.
Passons l’avis du quidam, aussi peu au fait
des histoires occidentales que le sont les quidams d’occident pour qui un
Chinois ressemble à n’importe quel Chinois. C’est connu, quand on en a vu un on
les a tous vu…
Repassons chez les publicistes aux goûts
douteux. Ce sont normalement des « créatifs », des individus avec une
éducation, un bagage culturel, etc. Il faut quand même ne pas être doué pour ne
pas voir qu’un portrait géant du fürher saluant les foules avec comme légende « Hitler
n’est pas mort » allait en choquer
plus d’un !
Ci-dessus vous avez l’une des affiches qui
agrémentent les manifestations rouges et jaunes. On y démonise allègrement
l’adversaire en le nazifiant. Des affiches avec des messages simples destinés au grand public (Goebbel ne
dénigrerait pas). C’est à la portée de tous mais visiblement pas à la portée de
publicistes.
L’explication bateau comme quoi ils ne se
rendaient pas compte de la grossièreté ne tient pas. Ils ne pouvaient que
savoir qu’ils allaient choquer outre mesure.
Enfin si l’on peut parler de grossièreté car
il suffit d’ouvrir les journaux locaux pour y découvrir la photo les fesse à
l’air d’une fille violée, assassinée puis abandonné dans un fossé. Je
n’arriverai jamais à comprendre comment on peut manquer autant de respect
envers les familles et proches des victimes.
La légendaire finesse des cultures asiatiques…
ce doit être au musée Guimet !
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