23 nov. 2009

Accalmie entre Bangkok et Phnom Penh


Aussi soudainement que les deux capitales se sont chamaillés au sujet de la nomination de Thaksin Shinawatra comme conseiller économique du gouvernement cambodgien la querelle se dissipe.

Après les manifestations de sympathie pour son « l’éternel ami » Thaksin, Hun Sen s’est calmé et Abhisit aussi.

Entre-temps les ambassadeurs ont été rappelés et des sanctions diverses ont été prises de part et d’autres. Au nombre desquels l’expulsion des Thaïs de CATS, les services de la tour de contrôle de Pochentong gérés par la Thaïlande. Virés au petit matin par des Cambodgiens qui assurent être à même d’assurer le service.

Je demande à voir au niveau sécurité.

Certains y ont vu une mainmise d’Hun Sen qui en profitait pour rafler un business.

M’ouais.

Sur le carreau reste un Thaïlandais arrêté pour espionnage. Il aurait livré les horaires de vols de Thaksin Shinawatra à l’ambassade thai. Connaissant la propension des régimes coco ou ex coco a utilisé le mythe inusable du complot pour comploter ce pourrait aussi bien être une manœuvre de Phnom Penh. Encore plus cocasse est Bangkok qui a refusé le survol de la ThaÏlande au jet privé du tycoon en fuite alors que sa présence à bord était confirmée.

Dingue ça, il suffisait de le laisser survoler le royaume pour envoyer deux chasseurs l’intercepté et l’exhibé enchaîné sur le tarmac de Souvannaphoum.

Cela aurait été une grande victoire pour Abbhsisit qui, bon prince, préfère le voir filer que de l’avoir sous les verrous. Sa générosité le perdra…

Dans la série comique Hun Sen qui a retiré ses paras de Preah Vihear. Un cambodgien m’a dit avoir rigoler en attendant le nom « para ». Il n’y a pas de flotte aérienne militaire au Cambodge… ils sautent d’où les paras ? De leurs chaises ? Où s’écroulent ils des canapés des karaokés ? Là où ils peuvent montrer leur puissance en élevant la voix.

Une dernière pour la route. Envoyé des troupes à Preah Viheat en roulant les mécaniques c’est bien joli mais cela coûte cher. Comme le budget de l’armée disparaît par enchantement aux mains des centaines de généraux en Lexus il faut tout les mois trouver des sponsors qui sont de moins en moins heureux de creuser leurs poches pour un grand spectacle qui ne rapporte rien.

Du coup Hun Sen le pacifiste a rappelé ses troupes ce que les Thaïs se sont bien gardés de faire car eux ils ont les moyens de tenir un siège.






21 nov. 2009

Echecs sauce birmane



Une biographie birmane d’Obama disponible a Yangon.

Depuis août  et l’offensive/balayage des Kokangs c’est le grand est sorti au Myanmar.

Les pièces de l’échiquier bougent, le roi de Naypyidaw ayant retiré le pion kokang tout en ayant auparavant bloqué sa reine pour 18 mois supplémentaire sur la case « résidence surveillé ». En septembre la partie a pris une tournure offensive avec le positionnement de la pièce maîtresse (Tatmadaw/armée birmane) sur les cases « état Shan » face aux pions Wa, Mongla, Kachin.

Depuis la partie s’internationalise avec les deux joueurs majeurs que son Beijing et Washington. Dans cette partie d’échec endiablée l’adage, l’ennemi de mes ennemis est mon ami ne tient plus.  Nyapyidaw a beau détesté Beijing il n’en n’est pas pour autant un ami de Washington.  De son côté Beijing veut sécuriser ses frontières tout en utilisant le corridor birman pour atteindre l’océan indien en raflant au passage toutes les matières premières possibles. Washington lorgne aussi après les matières premières -quoique mollement comparé à l’ogre chinois- et vise surtout à contenir l’expansion d’un empire du Milieu renaissant de nulle part…

La bonne vieille stratégie de la guerre froide.  Pour l’heure l’Amérique utilise son nouveau joker de la main tendue pour réengager des discussions avec Naypyidaw dans une optique gagnant/gagnant. Genre adoucissez  votre mainmise sur le pays et la manne américaine sera à votre portée.

Cette nouvelle approche (si l’on peut dire, il n’y a pas grand nouveauté en fait) inquiète Beijing toute a ses projets d’infrastructures pétrolières et gazières entre Sittwe et Kunming. La chasse gardée birmane lui revenant de droit comme le reste de l’Asean, Beijing se satisfaisait fort bien du désengagement américain régional des Bush. La petite phrase d’Hilary Clinton « América is back in Asia» n’a pas du enchanté outre mesure la cité interdite.

C’est donc le grand jeu sur l’échiquier birman. Depuis quelques semaines Naypyidaw semble joué la carte US avec un nouveau dialogue.  Que le roi autorise sa reine a quitté sa case « résidence surveillée » reste improbable. Dans le même temps le roi a amassé ses troupes dans l’état shan. Ne cachant pas son irritation la Chine menace a demi mot, genre vous savez où son vos véritables intérêts…

Une belle partie d’échec où les deux joueurs principaux sont bien en mal de contrôler leurs pièces birmanes qui, il faut le dire, n’en font qu’à leur tête.



19 nov. 2009

Surcharge



No comment.

17 nov. 2009

L’Asean se rêve en Union européenne




Sommet des dix pays de l’asean  (l’Anase in french), l’Association des pays d’Asie du sud-est. On y parle de collaboration, développement, d’unité, etc.

On parle, on discute, on y rêve surtout. Dès 2015 l’Asean formerait une entité similaire à l’Union européenne !

Rien que cela !

Non que les inachèvements de l’Europe soient hors de portées mais bon c’est l’Asie avec une Thaïlande ultra nationaliste qui a bien des difficultés à reconnaître les frontières de  ses voisins. « La grande Thaïlande » est à peu près aussi délirante que la France des 135 départements de Napoléon. Rendez moi mes provinces illyriennes !

Une Indochine sous influence vietnamienne avec deux pays officiellement communiste (de marché mais coco quand même)

Un archipel indonésien musulman (Malaisie et sud philippin compris)  pas vraiment uni ni divisé non plus qui a bien du mal à s’accorder a l’Asie bouddhiste.

Le Myanmar ou l’enfant terrible de l’Asean qui n’en fait qu’à sa tête ou plus clairement qu’a sa junte.

Singapour micro état industrialisé et port mondial aux mains dont la création et la gestion est toujours une affaire de famille. La cité état tranche avec ses voisins par la quasi éradication de la corruption. Vu de plus près, les dirigeants singapouriens sont les mieux rémunérés du monde ou peu s’en faut… En somme une corruption officielle avalisée par la loi.

Bref d’incommensurables disparités tant au niveau culturel, social, éducation, politique, économique, religieux, géographique…

Et tout cela formerait une Union asiatique !!!

C’te blague ! Pour l’heure je ne vois qu’un seul pays pour les mettrent d’accord c’est la Chine avec ses formidables projets de développement des infrastructures sur le Mékong, les autoroutes et les voies ferroviaires.

Une Chine en maîtresse jalouse de ses uniques intérêts qui donnent aux dirigeants d’une Asean divisée de petits colifichets pour qu’ils s’amusent. Hun Sen premier ministre inamovible du Cambodge s’est vu gratifié d’un prêt récent de 500 millions de dollars.

Une Chine à la Tolkien qui distribue ses colifichets/anneaux aux dirigeants cupides pour mieux les attirer et dans les ténèbres les liés…

Ah le grand retour de la Chine en Asie du sud-est, une merveille parmi les merveilles !

On en reparlera dans 30 ans.

15 nov. 2009

Thaïlande, une campagne publicitaire fait furher




Au détour d’une rue asiatique il n’est pas rare de découvrir un portrait du fürher, des croix gammées ainsi que des casques allemands avec croix de fer.

Plus rare est l’utilisation du bonhomme comme tête d’affiche publicitaire géante saluant les automobilistes sur les autoroutes. C’est l’idée pour le moins douteuse qui a germé dans la tête de publicistes locaux chargés d’une campagne de promotion d’un musée de cire Louis Tussaud à Pattaya.

La dite campagne publicitaire a été très critiqué par les ambassadeurs allemands et israéliens suffoqués par un tel mauvais goût.

Interviewés les publicistes locaux faisaient par de leur étonnement, incompréhension et se sont platement excusés. Un peu too much, on enterre l’incident vite fait bien fait.

Curiosité d’un instant j’ai un jour demandé à un Thaï lambda pourquoi il avait un brassard nazi sur son blouson ? Aucune confusion n’était possible avec une svastika indienne, « parce que c’est joli » ou quelque chose dans le style me répondit-il et haussa les épaules d’incompréhension lorsque je lui dit ce que cela représentait.

Passons l’avis du quidam, aussi peu au fait des histoires occidentales que le sont les quidams d’occident pour qui un Chinois ressemble à n’importe quel Chinois. C’est connu, quand on en a vu un on les a tous vu…

Repassons chez les publicistes aux goûts douteux. Ce sont normalement des « créatifs », des individus avec une éducation, un bagage culturel, etc. Il faut quand même ne pas être doué pour ne pas voir qu’un portrait géant du fürher saluant les foules avec comme légende « Hitler n’est pas mort »  allait en choquer plus d’un !

Ci-dessus vous avez l’une des affiches qui agrémentent les manifestations rouges et jaunes. On y démonise allègrement l’adversaire en le nazifiant. Des affiches avec des messages  simples destinés au grand public (Goebbel ne dénigrerait pas). C’est à la portée de tous mais visiblement pas à la portée de publicistes.

L’explication bateau comme quoi ils ne se rendaient pas compte de la grossièreté ne tient pas. Ils ne pouvaient que savoir qu’ils allaient choquer outre mesure.

Enfin si l’on peut parler de grossièreté car il suffit d’ouvrir les journaux locaux pour y découvrir la photo les fesse à l’air d’une fille violée, assassinée puis abandonné dans un fossé. Je n’arriverai jamais à comprendre comment on peut manquer autant de respect envers les familles et proches des victimes.

La légendaire finesse des cultures asiatiques… ce doit être au musée Guimet !